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Bravo à la Mission ST de l’Ambassade de Washington

Bernard Zimmern

Le rôle capital des Business Angels aux USA

Au début de l’année, la Mission pour la Science et la Technologie de l’Ambassade de France à Washington publiait une fort intéressante étude -actualisée plus ou moins tous les ans- sur le capital-risque. 

Une phrase provoquait cependant notre consternation et nous amenait à écrire à la Mission : ≪Parmi les sources de financement privé de l’innovation, c’est le capital-risque qui joue le rôle le plus important par son influence en matière de création et de développement de JEI≫.

 


Cela fait en effet plus de 20 ans que les services de l’Ambassade de Washington laissaient croire à nos dirigeants que la source de la vitalité américaine se trouvait dans son capital-risque. Ceci explique au moins en partie qu’une visite de Dominique Strauss-Kahn, alors ministre des Finances, vers 1999, dans la Silicone Valley, se soit traduite par la législation sur les FCPI. Strauss-Kahn avait en effet été convaincu que le retard de croissance français était imputable au manque de fonds de capital-risque.

Or, comme la plupart de nos lecteurs le savent, le capital-risque, le venture capital n’est jamais que la troisième marche du développement d’une firme. La première est son financement par la famille et les amis, la seconde, celui du financement par les Business Angels pour l’aide au démarrage et aux premières années de croissance avant que la firme ne soit assez importante, très au-delà du million d’euros ou de dollars, pour atteindre la troisième marche et que ses besoins en capitaux puissent intéresser le venture-capital.

La grande faiblesse de l’économie française n’est pas que nous manquions capital-risque (dont nous avons autant, proportionnellement, que les Américains ou les Britanniques), mais vient de la quasi-absence de Business Angels, c’est-à-dire de la seconde marche de l’escalier de la croissance des entreprises.

Les silences de l’Ambassade de France ont longtemps désinformé notre personnel politique sur cette lacune capitale.
C’est pourquoi nous saluons avec chaleur la publication récente d’un bulletin de l’Ambassade de France à Washington qui fait le point sur les Business Angels aux USA et annonce une note complémentaire

Ce bulletin vaut la peine d’une lecture directe mais nous pouvons en condenser les informations essentielles :

Les BA ont investi 22,9 milliards de dollars en 2012 dans 67.034 entreprises, soit 341.000 dollars par entreprise.

Ils étaient 268.160 soit 85.435 dollars par BA.

Alors que cette même année, le venture capital investissait un peu plus, de l’ordre de 28 milliards, mais dans seulement environ 4.000 entreprises, soit environ 7 millions par entreprise, 20 fois l’investissement d’un BA moyen.

Le bulletins-electroniques.com faisait aussi remarquer que les BA ont financé 20,1% des projets qui leur étaient soumis contre 2% seulement par le capital-risque.

 

Avec l’investissement des BA américains, nous retrouvons un trait avec lequel nous sommes familiers : l’investissement moyen par les bénéficiaires du dispositif fiscal EIS britannique qui est d’environ 100.000 euros par investisseur, 300.000 euros par entreprise bénéficiaire.

Nous espérons vivement que le ministère des Finances à Bercy, et particulièrement sa Direction de la Législation Fiscale, liront le bulletin électronique. Rappelons que la DLF s’oppose depuis 20 ans à toute augmentation des plafonds de déduction des dispositifs d’incitation fiscale français et les maintient en-dessous de 50.000 euros, avec comme résultat des investissements moyens de 6.500 euros pour le Madelin, de 10.000 euros pour l’ISF-PME, une gigantesque défiscalisation qui obère les finances publiques mais ne crée pas de Business Angels, et crée peu d’entreprises et très peu d’emplois.

Bernard Zimmern

( source : emploi-2017.org )